L'épopée polaire de Jules Dumont d'Urville mêlait audace scientifique et art de vivre à la française.
En janvier 1840, l’expédition atteint la Terre Adélie et marque cette prise de possession sur l’îlot dit du Débarquement par un geste hautement symbolique : le partage d’une bouteille de bordeaux. Ce toast, porté au milieu des glaces, affirmait ainsi la présence de la France aux confins du monde. Dans la tradition maritime française, le vin faisait partie de la dotation de bord mais si l'équipage buvait du vin ordinaire, les officiers disposaient de crus plus prestigieux pour les grandes occasions. Le bordeaux représentait ici le raffinement de la civilisation française et un moment de convivialité qui tranchait avec l'hostilité extrême de l'environnement antarctique.
Cette lutte quotidienne contre les éléments est immortalisée par la célèbre gravure de La Plante et Thierry, « L'Astrolabe faisant de l'eau sur un glaçon ». On y voit l'équipage récoltant de la glace pour survivre, illustrant la vulnérabilité des navires face aux icebergs.
Mais au-delà de l'Antarctique, ce voyage autour du monde constitua aussi une extraordinaire rencontre avec l'autre : l'étape aux Fidji en 1838, explorée par l'exposition « Fidji 1838. Face-à-face » du musée de Chartres, révèle la richesse des échanges ethnographiques. Dumont d'Urville et ses marins y découvrent le kava, une boisson traditionnelle au goût poivré, qualifiée de "terreuse" par les hommes de l'équipage mais aux propriétés relaxantes.
Entre rigueur polaire et escales pacifiques, la dernière expédition de Dumont d'Urville se mua en une aventure humaine totale.
Dates des prochaines visites guidées de l'exposition par Anne Chevée ci-dessous.
Cette exposition valorise le patrimoine culturel océanien, à travers notamment les dessins d'Ernest Goupil (1814-1840), artiste embarqué sur la Zélée, dont ceux d’un fonds inédit conservé au musée des Beaux-Arts de Chartres.
Dates des prochaines visites guidées Conférencière Anne Chevée
vendredi 29 mai 2026 - 10h30 à 11h30 inscription en ligne
samedi 20 juin 2026 - 10h30 à 11h30 inscription en ligne
samedi 27 juin 2026 - 10h30 à 11h30 inscription en ligne
Tarif : 13 euros ( = visite guidée sans billet d'entrée)
Durée : 1 heure
Billet prévoir l’achat du billet d’entrée sur place à l'accueil du musée : tarif groupe si plus de 10 personnes, soit 3.5 euros
Accès Le musée des Beaux-Arts de Chartres est situé au chevet de la cathédrale
Rendez-vous 10 mn avant la visite dans le hall du musée muni de votre billet d'entrée
Nombre de places limité : il est conseillé de réserver au 06 60 67 53 66
Ce magnifique collier n’est pas un simple souvenir de vacances, mais un trésor des îles Fidji. Porter ces coquillages était un signe de haut rang et de prestige car le blanc évoque la pureté dans la culture fidjienne.
Selon la croyance locale, la forme circulaire du collier n'est pas qu'ergonomique. Le mort - lors de son voyage vers le monde des esprits - affrontait une divinité redoutable nommée Ravuyalo. Pour passer sans encombre, l'âme du défunt devait lui lancer une dent de cachalot (tabua)... ou, à défaut, le prestige accumulé par ses parures de coquillages.
Dans certains montages, les pointes sont volontairement polies ou brisées. Ce n'est pas de l'usure ! Cette technique « libérait » le coquillage de son ancienne vie et le transformait en un objet social, prêt à protéger son propriétaire.
Bien plus qu’un collier, ce bijou constituait une véritable amulette de protection pour le plus grand des voyages !
Prochaines visites guidées de l'exposition par Anne Chevée : 7 et 29 mai, 20 et 27 juin. Informations pratiques ci-dessus.
Aux Fidji, arborer un collier de mandibules de chauve-souris est une affaire de prestige qui commence... dans l'assiette ! Ce bijou impressionnant, dont les pointes acérées soulignent l'autorité du chef, est avant tout un trophée de chasse. Puisque la roussette est un gibier « noble » réservé aux grands banquets, on en récupérait les mâchoires après le repas pour les transformer en parures sacrées, polies à l'huile de coco.
Pourtant, ce symbole de puissance cache une petite moquerie locale. L’expression « manger comme une chauve-souris » désigne celui qui manque de savoir-vivre à table. Comme l'animal qui recrache bruyamment la pulpe après en avoir extrait le jus, l'invité peu soigné trahit son manque de manières. Un contraste savoureux entre l'élégance d'un chef et les habitudes de grignotage un peu désordonnées de son totem !
Cette curieuse et rarissime parure sera commentée lors des visites guidées ART'Hist de l'exposition temporaire du musée des Beaux-arts de Chartres. (Calendrier ci-dessus)