mercredi 18 jeudi 19, vendredi 20 mars
Suite au déménagement de l’institution près du Louvre, son identité artistique se dévoile avec une sélection d'oeuvres des 100 artistes qui ont jalonné sa programmation depuis 1984.
mardi 17, mercredi 18 mars
Sarah Bernhardt, «Voix d'or», «Divine», «Scandaleuse», femme engagée et sculptrice de génie. Son hôtel particulier de la rue Fortuny. Rita Hayworth «déesse de l’amour».
Peinte par Edouard Manet en 1879, cette peinture "Chez le père Lathuille" capture bien plus qu'un simple déjeuner : elle fige l'essence même d'une époque dans cette auberge installée près de la place de Clichy, entre Montmartre et les Batignolles.
Le cabaret du Père Lathuille n’était à l’origine qu’une simple ferme où les promeneurs du dimanche venaient savourer un verre de lait, des fraises ou un ragoût de lapin. Son destin bascule le 30 mars 1814, lors de l’ultime défense de Paris contre les Alliés. Dans un élan héroïque, l'aubergiste vide ses caves et offre ses dernières victuailles aux soldats du maréchal Moncey en s’écriant : « Mangez, buvez, mes enfants ! Il ne faut rien laisser à l'ennemi ! ». Malgré les obus russes et les impacts de balles, l'établissement survit et gagne une renommée légendaire. Devenue une adresse à la mode, l'auberge a laissé à la gastronomie sa célèbre recette du poulet Père Lathuille ; une volaille sautée au beurre avec des pommes de terre et des fonds d’artichauts émincés.
Dans la seconde moitié du 19e siècle, loin du carcan guindé des grands boulevards, on vient ici chercher la fraîcheur d'un jardin ombragé et le réconfort d'une cuisine bourgeoise. C'est le refuge de la bohème voisine.
La scène immortalisée par Manet - chef de file de la nouvelle école réaliste - montre un jeune homme courtisant une femme élégante. Celle-ci reste bien droite, un brin mystérieuse, tandis qu'en retrait, le serveur immobile observe la scène.
Manet utilise une touche vive pour faire vibrer la lumière du soleil à travers les feuillages. Plus qu'un portrait, c'est un manifeste : le plaisir d'être Parisien, la liberté du jeune quartier des Batignolles et la naissance de la modernité. Le sujet choisi et le prise de vue, jugés trop avant-gardistes, recevront un accueil hostile au Salon de 1880.
Le quartier des Batignolles est au programme du cycle Tout connaître de Paris. Parution du livret-guide de ce circuit en juin.
Cette curieuse verseuse chinoise illustre avant l’heure notre expression « avoir la pêche ». Symbole taoïste, issu de la doctrine du sage Lao-Tseu, la pêche est le fruit de l'immortalité, lié à la Reine-Mère de l'Occident, Xiwangmu.
Dans son verger céleste, les pêchers ne fructifient qu'une fois tous les trois mille ans, offrant à ceux qui goûtent leurs fruits une vie éternelle et une vigueur divine. L'expression française - bien qu'apparue plus tardivement en argot - rejoint curieusement ce symbole ancestral de vitalité débordante.
Ce type d'objet appartient souvent à la catégorie des « trésors du lettré ». Le lettré chinois ne s'entourait pas d'objets purement utilitaires ; chaque pièce devait nourrir l'esprit. Utilisée comme récipient pour l'eau, elle pouvait servir à alimenter le "grès à encre" lors du travail de calligraphie. Mais c'était aussi un objet de contemplation ; sa forme rapellant au lettré les jardins mythiques et la quête de sagesse.
Offrir ou posséder une telle verseuse n'était donc pas un simple geste utilitaire, mais faisait de cet objet un véritable talisman de porcelaine.
Exposée parmi d'autres verseuses tout aussi précieuses, cette pièce sera commentée en cycle Tout connaître de Paris et lors de la visite organisée au musée Cernuschi, à Paris, courant juin.
On raconte que, lors d’une représentation à Varsovie, la "Divine" Sarah Bernhardt crut d’abord à un caprice du hasard en voyant l’ordre des sièges... avant de réaliser que le caissier avait classé les places numérotées de sorte que les têtes chauves du parterre composent un S et un B — le plus discret des hommages, visible seulement depuis la scène.
Admirée pour son talent, Sarah l'était aussi pour l'originalité de son allure et son audace capillaire ! Car, coiffée d'une chevelure souvent décrite comme une « forêt d'or roux » ou un « buisson ardent », elle refusait de la lisser selon la mode stricte du 19e siècle.
Ce beau portrait de l'actrice peint par Jules Masson sera commenté lors de la reprise du cycle Tout connaître de Paris, en salle ART'Hist les 10 et 11 mars.
Le circuit étudié cette année fait étape place du général Catroux, près de la statue de l'actrice, non loin de l'emplacement de son hôtel particulier parisien, situé au cœur de la plaine Monceau.
Au 19e siècle, les portraits d'enfants se multiplient tandis que les grandes lois scolaires accélèrent la scolarisation massive des enfants, au moins des garçons.
Absorbé dans sa lecture, ce petit garçon porte une médaille probablement reçue à l’école. En cette fin de siècle, la République s’est vite reconnue dans la cause de l’instruction, présentée comme l’arme la plus sûre contre les misères humaines. « Ouvrir une école, c’est fermer une prison », slogan de Victor Hugo, incarne l’élan des héritiers des Lumières, de Guizot à Ferry.
Ce portrait du petit Paul par Jean-Jacques Henner - peint avant 1867- appartient aux collections du musée Jean-Jacques Henner, situé au coeur de la plaine Monceau, à Paris. Image touchante et inspirante à l'approche des vacances d'hiver pour les parents qui redoutent le trop-plein d'énergie déployé par leur progéniture.
Il sera commenté lors de la reprise du cycle Tout connaître de Paris et le musée Henner sera au programme de nos prochaines visites parisiennes.